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Цветы зла - Шарль Бодлер

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439 0 20:51, 08-05-2019
Цветы зла - Шарль Бодлер
08 май 2019
Автор: Шарль Бодлер Жанр: Книги / Классика Год публикации: 2009
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Стихотворный сборник «Цветы зла» (1857) — наиболее значительное произведение Ш. Бодлера, од­ного из крупнейших поэтов Франции XIX в. Герой цикла разрывается между идеалом духовной красоты и красотой порока, его терзают ощущение раздвоенности и жажда смерти. В настоящем издании перевод Эллиса впервые дается с параллельным французским текстом. Его дополняет статья Теофиля Готье.
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    L'empire familier des ténèbres futures.

    XIV
    L'HOMME ET LA MER

    Homme libre, toujours tu chériras la mer!

    La mer est ton miroir; tu contemples ton âme

    Dans le déroulement infini de sa lame,

    Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.


    Tu te plais à plonger au sein de ton image;

    Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton cœur

    Se distrait quelquefois de sa propre rumeur

    Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.


    Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets:

    Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes,

    Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,

    Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!


    Et cependant voilà des siècles innombrables

    Que vous vous combattez sans pitié ni remord,

    Tellement vous aimez le carnage et la mort,

    Ô lutteurs éternels, ô frères implacables!

    XV
    DON JUAN AUX ENFERS

    Quand Don Juan descendit vers l'onde souterraine

    Et quand il eut donné son obole à Charon,

    Un sombre mendiant, œil fier comme Antisthène,

    D'un bras vengeur et fort saisit chaque aviron.


    Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes,

    Des femmes se tordaient sous le noir firmament,

    Et, comme un grand troupeau de victimes offertes,

    Derrière lui traînaient un long mugissement.


    Sganarelle en riant lui réclamait ses gages,

    Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant

    Montrait à tous les morts errant sur les rivages

    Le fils audacieux qui railla son front blanc.


    Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire,

    Près de l'époux perfide et qui fut son amant,

    Semblait lui réclamer un suprême sourire

    Où brillât la douceur de son premier serment.


    Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre

    Se tenait à la barre et coupait le flot noir;

    Mais le calme héros, courbé sur sa rapière,

    Regardait le sillage et ne daignait rien voir.

    XVI
    CHÂTIMENT DE L'ORGUEIL

    En ces temps merveilleux où la théologie

    Fleurit avec le plus de sève et d'énergie,

    On raconte qu'un jour un docteur des plus grands,

    Après avoir forcé les cœurs indifférents;

    Les avoir remués dans leurs profondeurs noires;

    — Après avoir franchi vers les célestes gloires

    Des chemins singuliers à lui-même inconnus,

    Où les purs esprits seuls peut-être étaient venus, -

    — Comme un homme monté trop haut, pris de panique,

    S'écria, transporté d'un orgueil satanique:

    "Jésus, petit Jésus! Je t'ai poussé bien haut!

    Mais, si j'avais voulu t'attaquer au défaut

    De l'armure, ta honte égalerait ta gloire,

    Et tu ne serais plus qu'un fœtus dérisoire!"


    Immédiatement sa raison s'en alla.

    L'éclat de ce soleil d'un crêpe se voila;

    Tout le chaos roula dans cette intelligence,

    Temple autrefois vivant, plein d'ordre et d'opulence,

    Sous les plafonds duquel tant de pompe avait lui.

    Le silence et la nuit s'installèrent en lui,

    Comme dans un caveau dont la clef est perdue.

    Dès lors il fut semblable aux bêtes de la rue,

    Et, quand il s'en allait sans rien voir, à travers

    Les champs, sans distinguer les étés des hivers,

    Sale inutile et laid comme une chose usée,

    Il faisait des enfants la joie et la risée.

    XVII
    LA BEAUTÉ

    Je suis belle, ô mortels! Comme un rêve de pierre,

    Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,

    Est fait pour inspirer au poète un amour

    Éternel et muet ainsi que la matière.


    Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris;

    J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes;

    Je hais le mouvement qui déplace les lignes,

    Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.


    Les poètes, devant mes grandes attitudes,

    Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,

    Consumeront leurs jours en d'austères études;


    Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,

    De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:

    Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles!

    XVIII
    L'IDÉAL

    Ce ne seront jamais ces beautés de vignettes,

    Produits avariés, nés d'un siècle vaurien,

    Ces pieds à brodequins, ces doigts à castagnettes,

    Qui sauront satisfaire un cœur comme le mien.


    Je laisse à Gavarni, poète des chloroses,

    Son troupeau gazouillant de beautés d'hôpital,

    Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses

    Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.


    Ce qu'il faut à ce cœur profond comme un abîme,

    C'est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime,

    Rêve d'Eschyle éclos au climat des autans;


    Ou bien toi, grande nuit, fille de Michel-Ange,

    Qui tors paisiblement dans une pose étrange

    Tes appas façonnés aux bouches des Titans!

    XIX
    LA GÉANTE

    Du temps que la nature en sa verve puissante

    Concevait chaque jour des enfants monstrueux,

    J'eusse aimé vivre auprès d'une jeune géante,

    Comme aux pieds d'une reine un chat voluptueux.


    J'eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme

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    Новые отзывы

    1. Елена Елена07 июнь 20:15 Хорошо написанный,увлекательный роман, как, впрочем, и остальные произведения этого автора.... Развод. Ты меня предал - Арина Арская
    2. Лариса Лариса04 июнь 12:43 Да, просто до слез похоже на сериал ,,Даррел,,... Смерть в райском уголке - Эмили Салливан
    3. Stmara Stmara02 июнь 22:44 Приятная история, чтобы скоротать вечер. Любимая книга из последних "Любовь со смертью", также очень понравилась -"Суженная... Сердце космического дракона - Ольга Вадимовна Гусейнова
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