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Цветы зла - Шарль Бодлер

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438 0 20:51, 08-05-2019
Цветы зла - Шарль Бодлер
08 май 2019
Автор: Шарль Бодлер Жанр: Книги / Классика Год публикации: 2009
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Стихотворный сборник «Цветы зла» (1857) — наиболее значительное произведение Ш. Бодлера, од­ного из крупнейших поэтов Франции XIX в. Герой цикла разрывается между идеалом духовной красоты и красотой порока, его терзают ощущение раздвоенности и жажда смерти. В настоящем издании перевод Эллиса впервые дается с параллельным французским текстом. Его дополняет статья Теофиля Готье.
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    Où le spectre en plein jour raccroche le passant!

    Les mystères partout coulent comme des sèves

    Dans les canaux étroits du colosse puissant.


    Un matin, cependant que dans la triste rue

    Les maisons, dont la brume allongeait la hauteur,

    Simulaient les deux quais d'une rivière accrue,

    Et que, décor semblable à l'âme de l'acteur,


    Un brouillard sale et jaune inondait tout l'espace,

    Je suivais, roidissant mes nerfs comme un héros

    Et discutant avec mon âme déjà lasse,

    Le faubourg secoué par les lourds tombereaux.


    Tout à coup, un vieillard dont les guenilles jaunes

    Imitaient la couleur de ce ciel pluvieux,

    Et dont l'aspect aurait fait pleuvoir les aumônes,

    Sans la méchanceté qui luisait dans ses yeux,


    M'apparut. On eût dit sa prunelle trempée

    Dans le fiel; son regard aiguisait les frimas,

    Et sa barbe à longs poils, roide comme une épée

    Se projetait, pareille à celle de Judas.


    Il n'était pas voûté, mais cassé, son échine

    Faisant avec sa jambe un parfait angle droit,

    Si bien que son bâton, parachevant sa mine,

    Lui donnait la tournure et le pas maladroit


    D'un quadrupède infirme ou d'un Juif à trois pattes.

    Dans la neige et la boue il allait s'empêtrant,

    Comme s'il écrasait des morts sous ses savates,

    Hostile à l'univers plutôt qu'indifférent.


    Son pareil le suivait: barbe, œil, dos, bâton, loques,

    Nul trait ne distinguait, du même enfer venu,

    Ce jumeau centenaire, et ces spectres baroques

    Marchaient du même pas vers un but inconnu.


    À quel complot infâme étais-je donc en butte,

    Ou quel méchant hasard ainsi m'humiliait?

    Car je comptai sept fois, de minute en minute,

    Ce sinistre vieillard qui se multipliait!


    Que celui-là qui rit de mon inquiétude,

    Et qui n'est pas saisi d'un frisson fraternel,

    Songe bien que malgré tant de décrépitude

    Ces sept monstres hideux avaient l'air éternel!


    Aurais-je, sans mourir, contemplé le huitième,

    Sosie inexorable, ironique et fatal,

    Dégoûtant Phénix, fils et père de lui-même?

    — Mais je tournais le dos au cortège infernal.


    Exaspéré comme un ivrogne qui voit double,

    Je rentrai, je fermai ma porte, épouvanté,

    Malade et morfondu, l'esprit fiévreux et trouble,

    Blessé par le mystère et par l'absurdité!


    Vainement ma raison voulait prendre la barre;

    La tempête en jouant déroutait ses efforts,

    Et mon âme dansait, dansait, vieille gabarre

    Sans mâts, sur une mer monstrueuse et sans bords!

    XCI
    LES PETITES VIEILLES

    À Victor Hugo


    I

    Dans les plis sinueux des vieilles capitales,

    Où tout, même l'horreur, tourne aux enchantements,

    Je guette, obéissant à mes humeurs fatales,

    Des êtres singuliers, décrépits et charmants.


    Ces monstres disloqués furent jadis des femmes,

    Éponyme ou Laïs! Monstres brisés, bossus

    Ou tordus, aimons-les! Ce sont encor des âmes.

    Sous des jupons troués et sous de froids tissus


    Ils rampent, flagellés par les bises iniques,

    Frémissant au fracas roulant des omnibus,

    Et serrant sur leur flanc, ainsi que des reliques,

    Un petit sac brodé de fleurs ou de rébus;


    Ils trottent, tout pareils à des marionnettes;

    Se traînent, comme font les animaux blessés,

    Ou dansent, sans vouloir danser, pauvres sonnettes

    Où se pend un Démon sans pitié! Tout cassés


    Qu'ils sont, ils ont des yeux perçants comme une vrille,

    Luisants comme ces trous où l'eau dort dans la nuit;

    Ils ont les yeux divins de la petite fille

    Qui s'étonne et qui rit à tout ce qui reluit.


    — Avez-vous observé que maints cercueils de vieilles

    Sont presque aussi petits que celui d'un enfant?

    La mort savante met dans ces bières pareilles

    Un symbole d'un goût bizarre et captivant,


    Et lorsque j'entrevois un fantôme débile

    Traversant de Paris le fourmillant tableau,

    Il me semble toujours que cet être fragile

    S'en va tout doucement vers un nouveau berceau;


    À moins que, méditant sur la géométrie,

    Je ne cherche, à l'aspect de ces membres discords,

    Combien de fois il faut que l'ouvrier varie

    La forme d'une boîte où l'on met tous ces corps.


    — Ces yeux sont des puits faits d'un million de larmes,

    Des creusets qu'un métal refroidi pailleta…

    Ces yeux mystérieux ont d'invincibles charmes

    Pour celui que l'austère Infortune allaita!


    II

    De Frascati défunt Vestale enamourée;

    Prêtresse de Thalie, hélas! Dont le souffleur

    Enterré sait le nom; célèbre évaporée

    Que Tivoli jadis ombragea dans sa fleur,


    Toutes m'enivrent! Mais parmi ces êtres frêles

    Il en est qui, faisant de la douleur un miel,

    Ont dit au Dévouement qui leur prêtait ses ailes:

    Hippogriffe puissant, mène-moi jusqu'au ciel!


    L'une, par sa patrie au malheur exercée,

    L'autre, que son époux surchargea de douleurs,

    L'autre, par son enfant Madone transpercée,

    Toutes auraient pu faire un fleuve avec leurs pleurs!


    III

    Ah! Que j'en ai suivi de ces petites vieilles!

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    Новые отзывы

    1. Лариса Лариса04 июнь 12:43 Да, просто до слез похоже на сериал ,,Даррел,,... Смерть в райском уголке - Эмили Салливан
    2. Stmara Stmara02 июнь 22:44 Приятная история, чтобы скоротать вечер. Любимая книга из последних "Любовь со смертью", также очень понравилась -"Суженная... Сердце космического дракона - Ольга Вадимовна Гусейнова
    3. Alex Alex01 июнь 17:12 💩💩💩🖕🖕🖕🖕🖕🖕🖕... Игровой момент II - Александр Андреевич Бодров
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